Conférence Internationale FESA-UNESCO sur le Thème « Prévention des Violences et Promotion de la Culture de la Paix en Période électorale en Afrique » les 12 et 13 décembre 2016 à Luena

C’est dans cette ville symbole de Luena, dans la province de Moxico, où a été signé en février 2002 le "Cessez le feu" mettant fin à la guerre civile angolaise, que la Fondation Eduardo dos Santos (FESA) et l’UNESCO ont tenu à organiser une conférence internationale sur le thème "Prévention des violences et promotion de la culture de la paix en période électorale en Afrique".

Les principaux intervenants à cette conférence, qui a vu la participation d’environ cinq cent personnes, étaient des officiels angolais tels que le Ministre de l’Education, M. Pinda Simão, le Ministre de la Jeunesse et des Sports, M. Albino da Conceicao José et l’Ambassadeur, Délégué Permanent de l’Angola auprès de l’UNESCO, Son Excellence M. Diekumpuna Sita José, et quelques membres du Réseau de fondations et institutions de recherche pour la promotion de la culture de la paix en Afrique et du Réseau panafricain des jeunes pour la culture de la paix.

Lors de la cérémonie d’ouverture, le Ministre de l’Education a réaffirmé l’importance de la culture de la paix comme le meilleur outil pour prévenir les violences en Afrique et assurer une saine cohabitation entre les citoyens des différentes régions et cultures.

Le Représentant du Sous-Directeur général pour l’Afrique à l’UNESCO, M. Loïtéohin Félix Yé, Directeur du Bureau régional multisectoriel de Yaoundé (Cameroun) et Représentant de l’UNESCO en Afrique centrale, s’est quant lui, dans son mot de circonstance, félicité du leadership exemplaire de l’Angola dans la promotion de la culture de la paix en Afrique.

"La paix est un véritable et long processus qui implique tout le monde sans exception. Que cette conférence soit un levier pour la promotion et la consolidation de la paix, avec les jeunes, pour la prospérité de l’Angola, de l’Afrique, du monde" a souligné le Président du Conseil national de la jeunesse angolaise et membre du PAYNCOP, M. Antonio Tiagao Mateus.

La conférence, articulée autour de deux table-rondes, a donné l’occasion aux intervenants de présenter les actions menées par leurs institutions dans leurs différents pays d’origine, dans le domaine de la prévention des conflits en période électorale, et de discuter des moyens pour amener l’ensemble des parties impliquées à s’abstenir de tous actes susceptibles de créer des tensions politiques et intercommunautaires, et à privilégier des actions favorisant le déroulement apaisé des processus électoraux. A l’issue des débats, plusieurs recommandations ont été formulées en vue de prévenir toute violence pré- et post-électorale en Afrique.

La conférence s’est achevée par le lancement officiel en Angola de la Campagne des jeunes pour la culture de la paix en Afrique centrale "Des mots différents, une seule langue : la Paix" ; campagne lancée le 9 juillet 2016 au Gabon, à l’initiative du Réseau Panafricain des Jeunes pour la Culture de la Paix (PAYNCOP). L’objectif de cette Campagne comporte deux volets : la médiatisation de la notion de "culture de la paix" afin de susciter à la fois une prise de conscience et une réaction de l’opinion publique, en général; et celle du rôle de la jeunesse dans la construction et la consolidation de la paix et de la non-violence au quotidien.

La tenue de cette conférence a également été l’opportunité, le lendemain, 13 décembre, de deux réunions, en parallèle, du Réseau de fondations et d’institutions de recherche pour la promotion de la culture de la paix en Afrique et du Réseau panafricain des jeunes pour la paix.

Rapport final de la Conférence

Source: Département Afrique de l'UNESCO

Bulletin du CPNN (Culture of Peace News Network) du 1er décembre 2016

ÉLECTIONS - QUELLES SUITES ?

Nous avons vu récemment deux résultats électoraux choquants : la défaite du référendum sur les accords de paix en Colombie et l'élection de Donald Trump aux États-Unis après une campagne raciste et xénophobe. Qu'est-ce que cela signifie ?

Cela signifie que les électeurs dans les deux pays se sentent aliénés, dépossédés de leurs gouvernements - tout simplement, ils ne font plus confiance à leurs dirigeants et ils sont en colère.

Alors, que va t-il arriver maintenant ?  Allons-nous tomber dans la guerre ou dans le fascisme, ou retournerons-nous vers les peuples ? Serons nous capable d’écouter leurs craintes et leur colère et de nous organiser dans le sens exprimé par Martin Luther King? :"La tâche suprême est d'organiser et d'unir le peuple pour que sa colère devienne une force transformatrice".

CPNN, ce mois-ci, met en évidence que la lutte pour la défense de la paix et des Droits de l’Homme est en cours dans les deux pays. Elle commence au niveau local, comme elle doit l'être si elle veut être durable et elle est dirigée par des jeunes qui ont toute l’énergie pour réussir.

Des femmes se sont déjà organisées pour une marche massive qui aura lieu à Washington le lendemain de l’inauguration: "Nous allons envoyer un message audacieux à notre nouvelle administration au premier jour de son mandat et au monde entier pour dire que les Droits des femmes sont des droits de la personne. Nous sommes unies, affirmant que défendre les plus marginalisées d’entre nous c’est défendre chacune de nous."

Des milliers d'étudiants ont organisé des manifs sur les campus universitaires à travers les États-Unis, signalant leur engagement à maintenir des "campus sanctuaires" pour protéger les étudiants migrants. Dans le même temps, les maires des plus grandes villes américaines  (Boston, Chicago, Los Angeles et New York) se sont engagés à maintenir leur politique de refus de travailler avec les déportations fédérales.  A cela s’ajoutent des états entiers qui font partie du mouvement du sanctuaire, tel que la Californie et l’état de New York.

Si l’on discute dans la rue avec les gens, un nouveau sentiment d'urgence et d'engagement à s’impliquer apparaît . "Nous avons beaucoup plus de travail à faire, maintenant que Trump a été élu. . . Plus que jamais, nous devons travailler ensemble pour la paix. "

Les gens, surtout les jeunes, s'entraînent dans les méthodes de non-violence, réalisant qu'ils seront mis à l'épreuve dans les prochains temps. Par exemple, à Tucson, en Arizona, les étudiants suivent le programme Kingian Nonviolence, qui vise à "institutionnaliser et internationaliser la non-violence."

En Colombie, les jeunes s'entraînent "à renforcer leurs capacités et à former des 'animateurs-leaders' sur le territoire qui peuvent ensuite promouvoir une culture politique de pardon et de réconciliation." Il y a aussi le développement des "conseils municipaux pour la paix, des conseils municipaux de justice transitionnelle. . . pour former le réseau de la stratégie de consolidation de la paix au niveau municipal." Ce mois-ci, les articles du CPNN sur ces initiatives viennent des départements colombiens de Magdalena Centro, Cesar, Valle de Cauca et Antioquia, parmi les plus populeux des 32 départements colombiens.

Les organisations traditionnelles de paix et de justice, comme Search for Common Ground, Pace e Bene, Nonviolent Peaceforce et American Civil Liberties Union, sont profondément impliquées.  Mais l'énergie est venue des jeunes avec une force que nous n'avons pas vue depuis les années 60 qui furent révolutionnaires. C’est la jeunesse qui déterminera la direction et la puissance du mouvement.

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