Bulletin du CPNN (Culture of Peace News Network) du 1er avril 2018

LA NOUVELLE GÉNÉRATION

Les infos ce mois-ci sont dominées par les actions de la nouvelle génération.

Aux États-Unis, le 14 mars, plus d’un million d’élèves dans plus de 3000 écoles ont quitté les classes pour protester contre la violence armée. Ils ont été inspirés par les survivants du massacre de 17 étudiants et employés à Parkland, en Floride, le mois précédent.

Chelsea, un lycéen, a expliqué: « Nous sommes ici pour protester contre la violence armée partout aux USA: les armes à feu ne résolvent pas les problèmes, elles les créent et évidemment, comme vous pouvez le voir, nous sommes tous très sensibles à cela. C’est quelque chose qui dure depuis trop longtemps. Si les adultes n’agissent pas, nous devons agir. »

Comme le dit Jayleen Flores, une autre étudiante du secondaire: « Une grande partie de cette démande consiste à montrer que notre génération va faire le changement parce que nous sommes l’avenir et que nous allons bientôt devenir des adultes. Donc c’est comme si c’était notre moment de vraiment nous faire voir et d’être entendus ! »

Dix jours plus tard, le 24 mars, des jeunes ont pris la tête de plus de 800 événements « March For Our Lives » à travers les États-Unis, dont près d’un million à Washington, DC seul. Le moment le plus remarquable du rassemblement de Washington a eu lieu lorsque Emma Gonzalez, âgée de 17 ans, une survivante de la fusillade de Parkland, s’est adressée à la foule et a fait une pause de 6 minutes et 20 secondes – le temps qu’il a fallu pour tuer 17 de ses camarades de classe de Marjory Stoneman Douglas High School.

Dans ces manifestations de la jeunesse, les plus grandes des États-Unis depuis des décennies, les participants ont appelé les législateurs et le président Donald Trump à se confronter à la question de la vente libre des armes à feu. Les activistes se sont déployés dans la foule pour enregistrer des électeurs, en inscrivant des milliers de nouveaux. À Washington, Cameron Kasky, un lycéen de 17 ans, a déclaré à la foule: «Les politiciens doivent représenter le peuple ou partir. Soyez avec nous ou méfiez-vous, les nouveaux électeurs arrivent. »

Les photos illustrent le caractère historique des manifestations.

Les jeunes trouvent un soutien important dans leurs efforts pour changer les lois sur les armes à feu aux États-Unis. Les deux syndicats d’enseignants du pays soutiennent la grève des étudiants et les manifestations. De nombreux politiciens et stars d’Hollywood se sont joints aux manifestations. Une contribution particulièrement symbolique a été celle de l’équipe de football des Patriots de la Nouvelle-Angleterre qui a offert son avion pour transporter les étudiants de Parkland en Floride, à la manifestation de Washington.

Et il y a déjà des effets économiques importants. Les grandes entreprises annulent les rabais qu’elles offraient auparavant aux membres de la National Rifle Association. Et le plus vieux fabricant d’armes du pays, Remington, s’est déclaré en banqueroute.

Pendant ce temps, de l’autre côté du globe, c’est une adolescente de 17 ans, Amed Tamimi, qui est devenue la représentation héroïque de la résistance des Palestiniens à l’occupation israélienne. Elle a été condamnée par un tribunal militaire secret à 8 mois de prison pour avoir giflé, poussé et donné des coups de pied à un soldat israélien qui occupait sa maison. Peu de temps avant, ce même soldat et un autre ont tiré une balle en caoutchouc sur son cousin le mettant dans le coma. Sa mère a filmé l’épisode et l’a téléchargé sur Facebook. En conséquence, Amed est devenue une héroïne tandis que sa mère a été condamnée à une peine d’emprisonnement pour «incitation». Entre temps, le film a déclenché des actions de solidarité autour du monde.

L’ampleur et l’importance historique de ces actions engagées par la nouvelle génération rappellent le leadership des jeunes dans le mouvement mondial contre la guerre au Vietnam dans les années 1960 et dans le mouvement contre l’apartheid en Afrique du Sud dans les années 1970. En conséquence, la guerre du Vietnam a dû être abandonnée et l’apartheid a été renversé. Les lois américaines sur les armes à feu seront-elles modifiées et l’occupation israélienne sera-t-elle surmontée? La réponse est entre les mains de la nouvelle génération.

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DISARMAMENT ET SECURITÉ 

USA: Enough! A Million Students Walk Out of Schools to Demand Action on Guns in Historic Day of Action
LIBERTÉ DE L’INFORMATION 

En route vers le Forum social mondial de Bahia
PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE 

World Peace Flame to be lit in Ashland, Oregon (USA)
DÉVELOPPEMENT DURABLE 

France: Votation citoyenne pour une opération anti-nucléaire
ÉQUALITÉ HOMMES/FEMMES 

What Is CSW and Why Are We in New York to Be Part of It?
DROITS DE L’HOMME 

Cuba a ‘Champion’ of Children’s Rights: UNICEF
TOLÉRANCE ET SOLIDARITÉ < 

Ahed Tamimi and the Pathology of the Israeli Mind
ÉDUCATION POUR LA PAIX 

‘Back to Learning’ education campaign to benefit half a million children in South Sudan

 

Bulletin du CPNN (Culture of Peace News Network) du 1er mars 2018

LA SOLIDARITÉ PLUTÔT QUE L’INTIMIDATION MILITAIRE

Le thème de ce mois est la solidarité plutôt que l’intimidation militaire.

Commençons par les paroles de Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations Unies..

Lors des Jeux Olympiques d’hiver de PyeongChang, en République de Corée, il a en effet déclaré: « Que la flamme olympique brille comme un phare de la solidarité humaine et que la trêve olympique contribue à répandre une culture de paix. »

Prenant la parole lors de la réunion sur la menace transnationale du terrorisme en Afrique, organisée par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, il a conclu que: « Nous sommes confrontés à un défi sérieux – mais je crois que c’est un défi que nous pouvons remporter grâce à la solidarité, l’action commune et à une résolution partagée. »

En Corée, les Jeux Olympiques ont inspiré le premier contact pacifique entre le Nord et le Sud depuis de nombreuses années. Cela marque l’opposition à la menace d’une action militaire en Corée de la part des États-Unis.

Alors que les athlètes de Corée du Nord et du Sud marchaient ensemble, le président du Comité d’organisation des Jeux Olympiques, Lee Hee-beom, a déclaré lors de la cérémonie de clôture que « la présence des deux Corées à ces Jeux Olympiques constitue une base solide pour leur avenir. La semence de paix que vous avez plantée ici à PyeongChang deviendra un grand arbre dans un futur proche. L’espoir et les aspirations des athlètes du sud et du nord de la Corée ainsi que des cheerleaders vont certainement servir de pierre angulaire à l’unification du Péninsule coréenne. »

En Afrique, l’appel de Guterres pour la solidarité fait écho aux actions de l’UNESCO pour une culture de la paix, conçues pour « s’appuyer sur les sources d’inspiration et sur le potentiel des ressources culturelles, naturelles et humaines du continent pour identifier des pistes d’action concrètes permettant de construire une paix durable, pierre angulaire du développement endogène et du panafricanisme. » Ceux-ci peuvent être considérés comme une alternative non seulement à la menace terroriste, mais aussi à la menace posée par l’expansion militaire américaine sur ce continent.

* L’Amérique latine, présente deux bons exemples de solidarité ce mois-ci. Ecrivant depuis la Mexique, Leonardo Boff, le théologien et écrivain brésilien, rappelle le remarquable esprit de solidarité et de coopération du peuple mexicain en réponse au tremblement de terre de l’an dernier. Et écrivant dans le site Web de l’organisation Tikkun aux États-Unis, David Sylvester, rappelle comment la présence d’une délégation d’une cinquantaine de militants interconfessionnels et pacifistes a empêché la violence contre les manifestations pacifiques du peuple du Honduras.

* En Europe, des militants d’Amnesty International et d’Anafé (Association nationale des étrangers pour l’assistance aux frontières) continuent d’aider les réfugiés à la frontière malgré les poursuites engagées par les autorités françaises.

* Au Moyen-Orient, en dépit de la pression du gouvernement israélien, le Mouvement international de « boycott, désinvestissement et sanctions » qui cherche à mettre fin à l’occupation de la Palestine et aux violations des droits de l’Homme par Israël continue ses activités, et il est nominé pour le prix Nobel de la paix.

* Aux États-Unis, le mouvement de solidarité et de résistance contre la menace d’expulsion des immigrés par le gouvernement de Donald Trump, continue de gagner du terrain, comme en témoigne l’allocution de Toni Harp, maire de New Haven.

Enfin, à l’échelle mondiale, nous publions les dernières nouvelles du Fonds de solidarité pour la jeunesse, mené par l’Alliance des civilisations des Nations Unies, que nous avons suivi depuis ses débuts il y a plus d’une décennie. Un ancien directeur de l’Alliance, Shamil Idriss, actuellement directeur de l’organisation « Search for Common Ground », nous donne sa vision pour l’organisation en 2018, sur la base de leurs activités réalisées l’année dernière.

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TOLÉRANCE ET SOLIDARITÉ 

France / Réfugiés. Reprise du Procès de Martine Landry, Une Membre d’Amnesty International France et de l’Anafé Injustement Poursuivie pour « Délit de Solidarité »
LIBERTÉ DE L’INFORMATION 

UNESCO brochure: Afrique, Culture de la Paix, 2017
PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE 

UN chief in Pyeongchang; Olympic message of peace is universal, beacon for human solidarity, culture of peace
DÉVELOPPEMENT DURABLE 

China Reassigns 60,000 Soldiers to Plant Trees
DISARMAMENT ET SECURITÉ 

RDC: Manifestation de la Journee Scolaire de la Non Violence et de la Paix
DROITS DE L’HOMME 

Pakistan: Asma Jahangir, Champion Of Human Rights, Critic Of Pak Army, Dies At 66
ÉQUALITÉ HOMMES/FEMMES 

India: ’Life: A Mystical Journey’- A Gathering of 500 Women Leaders To Explore Spirituality as Tool For Peace And Empowerment
ÉDUCATION POUR LA PAIX 

Search for Common Ground: Vision for 2018

Bulletin du CPNN (Culture of Peace News Network) du 1er fevrier 2018

MASS MEDIA POUR LA PAIX

Depuis les débuts de CPNN nous avons rêvé que notre site Web et d’autres comme nous, attireraient tant de lecteurs que les mass médias auraient besoin de reprendre le thème de la culture de la paix afin de rivaliser avec nous.

Je ne sais pas si, finalement, nous avons joué un rôle, mais nous voyons en effet de plus en plus, du moins en Amérique latine et en Afrique, les médias reprendre le thème de la culture de la paix.

Le dernier exemple vient du Mexique (voir l’article du CPNN), « Le système de radio et de télévision de Zacatecas vont présenter la culture de la paix comme un thème transversal« .

Les nombreuses décisions prises dans leur manifeste « La radio publique en tant que constructeur de la paix au Mexique » prévoient que :

  • Chaque programme d’information doit débuter et se terminer avec des nouvelles positives et doit inclure au moins une histoire liée aux «initiatives de paix»
  • Chaque station de radio doit animer trimestriellement une journée de conférences, de lectures, de chansons et de poèmes sur la paix avec également les profils de personnes connues pour leur contributions à la paix
  • Un programme radio de 30 épisodes de 15 minutes chacun, sera diffusé par tous les radiodiffuseurs publics du Mexique avec des contenus dérivés du manifeste.

Le manifeste a été élaboré avec l’aide de journalistes Colombiens qui ont expliqué comment les médias jouent un rôle positif dans la transition vers la paix dans leur pays.

Prenons, par exemple, l’initiative « Radios communautaires pour la paix et la coexistence » (lancée à la mi-2016 avec le soutien de l’Union européenne) qui soutient 400 des 627 stations de radio communautaires du pays afin de créer une culture de la paix dans les zones rurales les plus reculées et les plus touchées par le conflit armé. L’initiative donne non seulement la parole à la population, mais elle comprend également des ateliers au cours desquels 200 journalistes de radios communautaires ont été formés à l’élaboration de contenus éducatifs sur la consolidation de la paix,

L’année dernière en Colombie, le Bureau du Haut Commissaire pour la Paix a commencé à former des journalistes et des annonceurs travaillant dans des centaines de petites stations de radio communautaires à travers le pays, y compris de nombreuses régions éloignées où la radio est le seul moyen d’accès.

Sur un autre continent, en Afrique, il y a maintenant tant d’initiatives médiatiques pour une culture de la paix que nous avons construit une section entière de CPNN consacrée à la question « Le journalisme africain et la culture de la paix, un modèle pour le reste de la monde ? » Des liens sont fournis avec les articles de CPNN de l’Ouganda, de la Tanzanie, du Sénégal, de la République Démocratique du Congo, du Mali et de la Somalie.

En Ouganda, depuis la fin de la guerre civile avec la LRA, les stations de radio communautaires locales se sont adressées au public pour la paix axée sur le développement. Des agences internationales ont formé des centaines de journalistes locaux aux reportages sur la paix. Un certain nombre de radios communautaires ont été créées avec un engagement pour le journalisme de paix et sont toujours actives aujourd’hui.

Le projet  « Empowering Local Radio with ICTs » de l’UNESCO aide les stations de radio et leurs communautés à dénoncer la tolérance à l’égard de la violence basée sur le genre et à en tenir les auteurs responsables en Tanzanie, en République démocratique du Congo, en Ouganda et au Burundi.

Au Sénégal, l’année dernière, des journalistes et des experts des pays d’Afrique de l’Ouest et du Sahel se sont réunis dans un séminaire sur « Le rôle des journalistes et des médias dans la prévention de la violence« .

« La responsabilité de chacun est de diffuser un contenu positif, des expériences utiles, qui participeraient à la construction du monde, et donc à la culture de la paix. Il revient donc aussi à l’Homme de mettre l’outil médiatique au service de la construction de la société, » selon Patrick Busquet, le patron de la Fondation Hirondelle (République Démocratique du Congo). C’est à la poursuite de cet idéal que la Fondation Hirondelle a installé en 2014 plusieurs médias en Afrique: Radio Okapi à Kinshasa, Radio Ndeke Luka à Bangui, les studios Tamani au Mali, Mozaïk en Côte d’Ivoire et Radio Hirondelle en Guinée.

En 2011, le Réseau des journalistes pour la paix et la sécurité (NetPeace) a été officiellement lancé au siège de l’Union africaine sous le thème « Promouvoir la culture de la paix à travers les médias ». Des coordonnateurs régionaux ont été reconnus en Mauritanie, au Mali, au Libéria, à Djibouti, au Kenya, au Burundi, en Guinée équatoriale, au Zimbabwe et en Afrique du Sud.

Aux Etats Unies l’année dernière, CPNN a participé à un panel intitulé « Cultiver une culture de paix à l’ère de Trump: quel rôle jouent les médias ?« . Parmi les panélistes figuraient Jeff Golden de Southern Oregon Public TV et Bert Etling, membre de Ashland Culture of Peace Commission et rédacteur en chef du journal Ashland Daily Tidings. Les articles sur la culture de la paix tirés de ce journal sont fréquemment réimprimés par CPNN.

Espérons que nous assisterons à la poursuite du développement des médias pour une culture de la paix dans le Nord, mais pour le moment, c’est l’Afrique et l’Amérique latine qui sont en tête.

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LIBERTÉ DE L’INFORMATION 
Mexico: Zacatecan Radio and Television System to introduce “the culture of peace” as a transversal theme
TOLÉRANCE ET SOLIDARITÉ 

Dialogue inter-religieux pour la paix : « C’est la diversité des religions qui donne un sens à la religion »
PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE 

Honduras: Culture of peace promoted in 200 young people from “hot” areas
DÉVELOPPEMENT DURABLE 

‘World’s First Solar Highway’ Opens in China for Testing
DISARMAMENT ET SECURITÉ 

Baltimore, USA: Conference on US foreign military bases
DROITS DE L’HOMME 

Uruguay’s main trade union center plans massive mobilization to construct a culture of peace
ÉQUALITÉ HOMMES/FEMMES 

Women’s March protests across America against President Trump
ÉDUCATION POUR LA PAIX 

El Salvador to prioritize culture of peace in its schools

Bulletin du CPNN (Culture of Peace News Network) du 1er janvier 2018

À la fin de l’année 2017, nous ne pouvons que constater les progrès constants dans les différents domaines et avec les différents acteurs de la culture de la paix.

La lutte contre la violence faite aux femmes a été très forte cette année, comme le remarque notre bulletin de décembre consacré à la Journée internationale pour l’élimination de la violence faite aux femmes. Ce jour s’est poursuivi pendant les 16 jours d’activisme avec les exemples venant du Sénégal, de la Burundi, du Canada, de la Colombie, du Honduras, du Yémen et de l’Australie. Les syndicats de l’éducation ont également fourni un important effort.

Nous commençons à voir la possibilité d’un désarmement nucléaire avec des progrès réalisés aux Nations Unies en 2017 à la suite des mobilisations importantes de la société civile, comme décrits dans les bulletins de juinjuilletaoût et novembre, et marqués par le prix Nobel de la paix.

La décision de la Banque Mondiale d’arrêter leurs investissements pour l’exploration des energies fossiles, est la plus recente dans ce type d’initiatives pour l’année 2017. Avec le progrès en energie renouvable, nous commencons à échapper au rechauffement de la planète, ainsi que l’ont demandé les grandes mobilisations autour de “Earthday” que nous avons décrit dans le bulletin de Mai.

Dans notre bulletin de mars, nous avons passé en revue les mobilisations de masse qui ont soutenu la participation démocratique. Une étude récente, revue dans un article que nous avons publié le mois dernier, montre que de telles mobilisations ont un effet mesurable à court et à long terme.

En ce qui concerne les acteurs, l’Organisation des Nations Unies a continue à jouer un rôle clé pour la culture de la paix, comme l’indiquait notre bulletin de février et comme cela s’est manifesté le mois dernier par leur résolution annuelle sur la culture de la paix.

Comme nous l’avons vu ces dernières années et dans nos bulletins de juillet et de septembre 2017, l’Amérique latine continue de jouer un rôle de premier plan dans la culture de la paix. En décembre, nous avons publié des articles en provenance de l’Équateur, du Mexique, du Brésil, de la Colombie et du Honduras.

Les célébrations de la Journée internationale de la paix continuent de se développer dans le monde entier. Cette année, nous avons trouvé 562 événements répertoriés sur internet, beaucoup plus que les 182 que nous avons pu trouver en 2016. Il est particulièrement remarquable que les événements de cette année aient été assez bien répartis dans toutes les régions:

Ainsi que nous décrivons dans le bulletin d’octobre, les célébrations de la Journée internationale de la paix étaient souvent dirigées par des jeunes.

En conclusion, nous voyons un développement continu de la conscience anti-guerre et la reconnaissance du besoin d’une culture de paix à l’echelle mondiale. Cependant, d’un autre côté, nous n’avons pas encore vu ces progrès aboutir au développement d’un cadre institutionnel pour la culture de la paix.

Bulletin du CPNN (Culture of Peace News Network) du 1er décembre 2017

L’ÉLIMINATION DE LA VIOLENCE FAITE AUX FEMMES

Le 25 novembre 1960, les sœurs Mirabal – trois des quatre sœurs dissidentes dominicaines – ont été assassinées par ordre du dictateur dominicain Leonidas Trujillo (1930-1962) . Depuis 1999, en leur honneur, l’Assemblée générale des Nations Unies a désigné cette date comme la Journée internationale pour l’élimination de la violence faite aux femmes. Est-ce notre imagination ou cette journée n’a-t-elle pas été davantage marquée cette année par des actions plus fortes et plus répandues que jamais?

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré que si la communauté internationale ne s’attaque pas au problème, le monde n’éliminera pas la pauvreté et n’atteindra aucun de ses autres objectifs.

Selon ONU Femmes, « Les 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre, une campagne mondiale qui se déroule du 25 novembre au 10 décembre, se déroule cette année dans le contexte d’un tollé mondial sans précédent. Des millions se sont ralliés derrière le hashtag #MeToo et d’autres campagnes,, exposant chaque jour l’ampleur du harcèlement sexuel et d’autres formes de violence que subissent les femmes partout dans le monde. Ils brisent le silence faisant le premier pas vers la transformation de la culture de la violence sexiste. »

Notre enquête sur Internet a trouvé des manifestations en Turquie, en France, au Chili, en Italie, au Mozambique, en Suède, en Espagne, en République Dominicaine, en Colombie, au Costa Rica, au Paraguay, au Mexique et au Pérou, beaucoup d’entre eux sont illustrés par des photos en couleur.

Des chefs d’État et d’autres dirigeants politiques y ont pris part. En France, le président Emmanuel Macron a annoncé une initiative visant à faciliter le signalement des plaintes d’agression sexuelle à la police. En Turquie, le président Recep Tayyip Erdogan a annoncé un nouveau plan de réforme pour protéger les femmes contre les abus physiques et sexuels. Au Canada, le premier ministre Trudeau a encouragé tous les Canadiens à se joindre à la campagne #MYActionsMatter et à trouver un moyen de lutter contre la violence faite aux femmes.

La Commission européenne a déclaré: « Nous avons consacré l’année 2017 à l’action européenne pour l’élimination de toutes les formes de violence exercées contre les femmes et les jeunes filles. »

En Équateur, le maire d’Esmeraldas, Lenin Lara, a participé à la 2ème conférence internationale sur la violence de genre en Équateur et en Amérique latine parrainée par sa ville. Il a affirmé que « la vision fondamentale est celle d’une culture de paix, une culture sans violence de genre en général qui rejette la violence dans les relations interpersonnelles de nos vies quotidiennes.  »

En Afrique, les radios locales, soutenues par l’UNESCO, sensibilisent la population à la violence sexiste dans de nombreuses régions difficiles d’accès grâce à des programmes spécifiques sensibles au genre. Notre article comprend des exemples venant de la Tanzanie, de l’Ouganda, de la République démocratique du Congo et du Burundi.

En Amérique latine, de nombreux pays ont récemment renforcé leurs codes juridiques pour lutter contre le féminicide. Il s’agit notamment du Chili, de l’Argentine, de l’Uruguay, du Paraguay, de la Bolivie, du Brésil, du Pérou, de la Colombie, du Venezuela, d’El Salvador et du Mexique. Ces derniers mois, CPNN a fourni des détails sur les mouvements impliqués, au Brésil, en Colombie et au Mexique.

Aux États-Unis, la campagne #MeToo contre le harcèlement sexuel a récemment pris le dessus sur les médias sociaux. Comme l’explique Tarana Burke, la créatrice originale de la campagne: « C’était un slogan à utiliser par les survivants pour faire savoir aux gens qu’ils n’étaient pas seuls et qu’un mouvement de guérison radicale était en cours et possible. »

Au Bangladesh, un projet mis en œuvre par l’Association nationale des femmes juristes du Bangladesh (BNWLA) et ONU Femmes dans quatre grandes universités, invite les étudiants et les étudiantes à lutter contre les stéréotypes sexistes, à s’exprimer et à prévenir le harcèlement sexuel.

Il est important que dans certains cas, la direction des activités ait été assumée par les hommes. Par exemple, en République dominicaine, l’équipe interinstitutionnelle pour une culture de la paix à San Francisco de Macoris, a organisé une marche pour les hommes contre la violence de genre intitulée « Tous unis pour le respect des femmes ». Les devises qui accompagnent cette marche incluent: Je respecte les femmes, Je respecte les mères, Je respecte ma grand-mère, Je respecte ma fille, Je respecte ma sœur, Je respecte ma femme.

Bulletin du CPNN (Culture of Peace News Network) du 1er novembre 2017

LES ARMES NUCLÉAIRES PEUVENT-ELLES ÊTRE ABOLIES ?

Le prix Nobel de la paix de cette année a été décerné à la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN), l’une des coalitions de la société civile qui a soutenu le développement du Traité des Nations Unies sur l’interdiction des armes nucléaires. Pour citer le Comité Nobel, « Les armes nucléaires représentent une menace constante pour l’humanité et toutes vies sur terre. Par le biais d’accords internationaux contraignants, la communauté internationale a précédemment adopté des arrêtés interdisant les mines terrestres, les armes à sous-munitions et les armes biologiques et chimiques. Les armes nucléaires sont pourtant plus destructrices, n’ont pas encore fait l’objet d’une interdiction juridique internationale similaire. »

Nous suivons depuis plusieurs mois les progrès vers l’abolition des armes nucléaires. Lebulletin de juillet de CPNN a suivi le développement en cours des négociations aux Nations Unies. Le bulletin d’août indiquait que le Traité avait été adopté par une majorité des Assermbly General de l’ONU (122 pays).

Plus récemment, lors du débat général de la 72e session de l’Assemblée générale des Nations Unies du 19 au 25 septembre à New York, de nombreux présidents, premiers ministres et ministres des Affaires étrangères venant de toutes les régions du monde, se sont prononcés en faveur du Traité. Le 26 septembre, les ministres et représentants de 46 États Membres, délégations, organismes des Nations Unies et société civile ont pris la parole lors d’une réunion de haut niveau de l’Assemblée générale, consacrée à la Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires.

Cependant, comme nous l’avons reconnu, alors que le Traité est une “victoire importante pour l’humanité entière,” son effet est limité, car les délégations de tous les pays dotés d’armes nucléaires ainsi que la plupart de leurs alliés ont boycotté la conférence et beaucoup d’entre eux ont annoncé leur opposition. »

Le Traité ne prendra effet qu’après avoir été formellement ratifié par 50 États membres de l’ONU. Bien qu’il ait été signé par de nombreux pays, jusqu’à maintenant il n’a été ratifié que par trois pays: le Guayana, la Thaïlande et le Saint-Siège. Des activistes s’accordent à dire qu’une priorité dans les mois à venir est de faire ratifier le traité par au moins 50 pays.

Là où les militants ne sont pas entièrement d’accord, c’est la question d’une Conférence de haut niveau sur le désarmement nucléaire (UNHLC) que les Nations Unies sont censées organiser en 2018. Les organisations suivants sont pour:

Abolition 2000 a établi un groupe de travail sur le UNHLC;

Les parlementaires pour la non-prolifération et le désarmement nucléaires (PNND) ont organisé un événement à l’Assemblée de l’Union interparlementaire à Saint-Pétersbourg pour promouvoir le traité d’interdiction, les mesures de réduction des risques nucléaires et le UNHLC 2018; Le PNND vient de produire un plan d’action parlementaire pour un monde sans armes nucléaires;

Le Réseau des jeunes d’Abolition 2000 et le PNND organisent une conférence internationale des jeunes sur l’UNHLC qui se tiendra à Prague, en République tchèque, les 28 et 29 novembre 2017;

UNFOLD ZERO tient à jour une page Web consacrée à la Conférence de haut niveau de l’ONU de 2018 qui comprend tous les documents, rapports et actions pertinents;

UNFOLD ZERO et PNND produiront un guide d’action de la société civile pour l’UNHLC 2018;

Arguant en faveur de l’UNHLC, un militant de premier plan, Alyn Ware, a déclaré au CPNN qu’il suivait le modèle des autres conférences de haut niveau de l’ONU telles que la Conférence sur le développement durable (2015) qui a adopté les objectifs de développement durable, la Conférence sur le changement climatique (2016) qui a adopté l’Accord de Paris, la Conférence sur les océans (2017) qui a adopté le plan d’action en 14 points intitulé «Nos océans, notre avenir» et la conférence sur les réfugiés (2016), qui a adopté la Déclaration de New York. Alyn souligne que l’un des aspects clés qui a assuré leur succès était une action coopérative forte de la part de la société civile.

D’un autre côté, Alyn regrette que certaines organisations de désarmement considèrent le UNHLC comme une «distraction». Cela inclut ICAN qui a remporté le prix Nobel. Nous pouvons supposer qu’ils sont sceptiques sur les conférences de haut niveau de l’ONU de la même manière que les principaux militants écologistes étaient sceptiques sur les résultats de la Conférence sur le changement climatique qui a adopté l’Accord de Paris en 2016. A cette époque, CPNN a rapporté que James Hansen, un pionnier concernant le changement climatique, a déclaré le accord de Paris était une «fraude» et Naomi Klein, un autre activiste environnemental de premier plan a déclaré que «nous sommes à l’envers, la COP21 est le contraire du progrès. »

Pour que le traité sur l’interdiction des armes nucléaires soit efficace et que la conférence de haut niveau soit efficace, les mots des États membres non nucléaires ne suffiront pas. Nous devons avoir des actions en plus des mots. Il appartient aux villes, aux parlements et aux organisations non gouvernementales d’exercer une pression suffisante sur les États dotés d’armes nucléaires pour les amener au désarmement. Le traité et la conférence de haut niveau peuvent être des outils efficaces à utiliser dans ce processus.

Bulletin du CPNN (Culture of Peace News Network) du 1er octobre 2017

LES JEUNES PRENNENT LA PAROLE

Les jeunes et les enfants ont pris l'initiative alors que des millions de personnes célébraient la Journée internationale de la paix dans le monde entier. On ne peut qu'être séduit par les photos montrant leurs activités pour une culture de la paix.

Regardons en particulier comment, dans toutes les anciennes républiques de l'Union soviétique, les enfants de centaines d'écoles ont découpé des colombes en papier et écrit sur chacune le nom de quelqu'un qui est mort en défendant leur pays pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils les ont ensuite attachées à des ballons remplis d'hélium et lâchées dans le ciel . Cette manifestation symbolique a dépassé les limites des conflits politiques. Par exemple, les enseignants et les enfants des deux côtés de la guerre civile en Ukraine ont célébré le jour de la même façon, déplorant souvent que la guerre les avait séparés de leurs amis et de leurs voisins.

À Bichkek, au Kirghizstan, les jeunes "peer mentors," participant à la formation du leadership dans le cadre du projet de dialogue constructif sur la religion et la démocratie d'International Alert, ont escaladé une montagne et transporté des centaines de roches pour créer un signe de paix impressionnant au dessus du village de Koh Tash, en soulignant importance de la consolidation de la paix (voir photo).

Les jeunes ont souvent joué un rôle central dans les célébrations locales. Par exemple, à Northfield, au Minnesota : "Les élèves ont dirigé le rassemblement en tant que locuteurs et interprètes, démontrant l'importance de la fête internationale. Sunny Leonard, une jeune collegienne et l'organisatrice du rassemblement, a fait le discours de clôture avant la marche vers le Centre du Collège Carleton. Elle a déclaré que les jeunes sont ceux qui peuvent façonner l'avenir."

À Pinto, en Espagne, le point culminant de la célébration a été la lecture d'un manifeste rédigé par le Conseil des Enfants de Pinto qui met en lumière la défense de la paix ainsi que diverses propositions pour la maintenir du point de vue des enfants de la commune.

L'Union africaine a célébré la Journée internationale de la paix sous le thème "Engager les jeunes dans la consolidation de la paix". "Ce slogan a été célébré pour souligner le rôle des jeunes dans la réalisation de la paix et du développement", a déclaré Ismail Shragine, le commissaire de l'UA pour la paix et la sécurité.

En Colombie, les jeunes sont profondément impliqués dans le processus de réconciliation. Le réseau de jeunesse "C'est la paix aussi" à Tumaco, mène diverses activités dans le cadre de la semaine de la paix, les 19, 20, 21 et 21 septembre dans le cadre de la stratégie de réflexion sur la situation du pays et la transmission de messages sur la réconciliation. Ils effectuent des activités telles que la mise en scène et l'image de théâtre avec une galerie d'images corporelles. Les jeunes qui font partie du projet «Utilisez votre pouvoir pour construire la paix» participent également à la Rencontre des jeunes pour la paix à Tumaco. Là ils échangent des idées avec d'autres jeunes ayant des processus de paix différents et qui se déroulent dans des autres municipalités de la région. Parmi leurs activités, se trouvent des peintures murales, la récupération ancestrale à travers des chansons féminines et de jeunes auteurs-compositeurs, des actions qui favorisent l'intégration des communautés et la construction d'espaces sains et sans risques pour la population.

Pour célébrer la Journée internationale de la paix, les jeunes du Sud Soudan, qui font leurs études dans les universités de l'Ouganda embrassent la diversité culturelle de leur pays pour favoriser la paix plutôt que de se concentrer sur les différences tribales qui les ont déchiré. Le syndicat des étudiants du Sud Soudanais en Ouganda a organisé un festival à Kampala dans le cadre d'une série d'événements marquant la Journée internationale de la paix, dont le thème cette année est: "Ensemble pour la paix: respect, sécurité et dignité pour tous." Les organisateurs ont déclaré que l'événement avait rassemblé les communautés Sud Soudanaises et les étudiants d’Ouganda qui étaient divisés selon des lignes tribales et politiques.

Dans de nombreux cas, la musique est utilisée comme langue universelle de la paix. Le festival annuel de musique à Nouakchott, en Mauritanie, autour de la Journée internationale de la paix, est consacré à la "musique de jazz comme vecteur de paix, de liberté d'expression et d'unité". Un exemple particulièrement remarquable de musique pour la paix est la carte de centaines d'écoles Montessori du monde entier qui participent au 21 septembre dans le projet "Sing Peace around the World".

Grâce à la nouvelle génération, oui, il existe un mouvement mondial pour une culture de la paix. Pour citer Karen Stanley, un organisatrice des événements à Lexington, en Virginie, "il y a beaucoup d'endroits à travers le monde qui se connectent les uns avec les autres à travers la Journée internationale de la paix. Pour moi, il était donc passionnant d'ajouter notre petite ville à ce mélange et faire quelque chose pour la paix."

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Bulletin du CPNN (Culture of Peace News Network) du 1er septembre 2017

LA CULTURE DE LA PAIX EN AMÉRIQUE LATINE

En tant que coordonnateur de CPNN, j'ai récemment été invité à participer à des séminaires de paix au Mexique et au Brésil ; avec une conférence à laquelle j'ai assistée à la fin de 2015 en Colombie, j’ai pu apprécier les grands progrès réalisés en faveur d'une culture de la paix en Amérique latine.

J’ai été impressionné par les progrès latino-américains, en particulier dans la budgétisation participative en tant que forme de participation démocratique, dans la médiation et la justice restauratrice, dans la lutte contre la violence à l'égard des femmes et dans le tourisme pour la paix. De plus, c'est l'Amérique latine qui nous a donné le Forum social mondial. Le processus de paix en Colombie a été le premier processus de paix au monde au cours des dernières années. Et il y a maintenant, un mouvement pour le développement de réseaux de commissions de la paix de la ville, au Brésil et au Mexique.

La budgétisation participative permet aux citoyens de débattre et de définir des politiques, en décidant chaque année les priorités budgétaires de la ville pour les investissements et les services. Cela stimule l'implication des citoyens dans le bien public et la gestion de la ville. Le processus a débuté il y a dix ans dans la ville brésilienne de Porto Alegre et s'est depuis répandu dans de nombreuses villes du monde entier. Ma visite ce mois-ci comprenait les villes de Santos et Curuaru au Brésil ainsi que la ville de Mexico ; CPNN propose des articles sur la budgétisation participative dans chacune de ces villes.

Le Brésil est un leader mondial dans le développement de la justice restaurative, comme nous l'avons vu en octobre dernier dans CPNN. Ce mois-ci, nous proposons un article sur le progrès de la justice restaurative dans la région sud du Brésil. Des systèmes similaires de médiation en tant que justice alternative sont de plus en plus utilisés au Mexique ( CPNN juillet et novembre 2016) et nous publions un article ce mois-ci du Chiapas, dans la région sud du Mexique.

J'ai été impressionné lors de mes visites par le degré de violence à l'égard des femmes et la lutte croissante dans ces pays pour arrêter cette violence. Au Brésil, la lutte se déroule dans le cadre d'une loi qui porte le nom d'une des victimes : "Maria da Penha". Au Mexique, la lutte se déroule dans le cadre de la loi générale sur l'accès des femmes à une vie sans violence. En Colombie, l'une des initiatives contre cette violence est menée en utilisant d’anciens rituelles indigènes. En même temps, nous publions un article de la Colombie sur la création d'un Conseil des femmes autochtones en tant que partie intégrante du processus de paix dans ce pays.

L'Amérique latine est également un chef de file pour le tourisme pour la paix. Cela sera à l’ordre du jour, en octobre, au Congrès latino-américain des villes touristiques, intitulé "Construire la paix par le tourisme". Sur ce sujet, nous éditons des articles ce mois-ci, sur Puebla au Mexique, et sur le développement du tourisme en tant que contribution au processus de paix dans les zones post-conflit de la Colombie.

Les forums sociaux, qui ont commencé au Brésil, peuvent être considérés comme les rassemblements mondiaux les plus importants pour une culture de la paix. CPNN a précédemment rapporté des articles sur les Forums social mondial qui ont eu lieu à Belem (2009) au Brésil, ainsi que les derniers Forums au Canada et en Tunisie. L'année prochaine, le forum revient au Brésil où des préparatifs ont déjà commencé à Salvador de Bahia.

Enfin, je tiens à mentionner que des progrès sont réalisés au Mexique et au Brésil à propos du réseau des commissions de la paix des villes. Un certain nombre de commissions ont été créées au Brésil au cours de la Décennie internationale pour une culture de la paix, et nous menons une mise à jour de leurs activités. La commission de la paix de la ville de Santos envisage maintenant d'inclure les activités de culture de paix réalisées par les jeunes comme le décrit cet article de CPNN. Au moment où j'écris ceci, une commission est en cours à Pernambuco au Brésil ; et l'Association mexicaine des maires va étudier une proposition pour la création de commissions lors de leur réunion annuelle.

Je remercie mes amis du Mexique, du Brésil et de Colombie de m'avoir invité à visiter et à participer à leur développement d'une culture de la paix, et je suis sûr que nous entendrons beaucoup parler d’eux à l'avenir.

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Bulletin du CPNN (Culture of Peace News Network) du 1er mai 2017

MARCHER POUR SAUVER LA PLANÈTE

Deux mobilisations importantes pour la préservation de la planète ont eu lieu ce mois-ci sur le continent Nord-américain. Près d'un million de personnes se sont engagés à travers les États-Unis et le Canada dans la Marche pour les Sciences le 22 avril. Une semaine plus tard, au moins un quart de million de gens ont participé à la Marche des Peuples pour le Climat.

À la principale Marche pour les Sciences à Washington, DC, le scientifique américain Bill Nye, coprésident d'honneur de l'événement, a prononcé un discours à une foule de dizaines de milliers de personnes sous une pluie battante. "Montrer au monde que la science est pour tous. Nos législateurs doivent savoir et accepter que la science sert chacun de nous", a déclaré Nye avant de crier : " Sauvez la planète !"

Pour la Marche des Peuples pour le Climat une semaine plus tard, plus de 200 000 personnes ont participé à la marche de Washington, et plus ou moins 50 000 autres dans 370 manifestations à travers le pays. Selon son coordonnateur national, "cette marche est née d’un renforcement des relations entre organisations et mouvements progressistes les plus importants du pays ... pour faire pression sur les leaders mondiaux afin qu'ils agissent sur le changement climatique. Il y avait une simple demande : Agir ! . . . Agir sur le climat tout en créant des emplois, en investissant dans les communautés autochtones et en protégeant les travailleurs qui seront touchés par la transition vers une nouvelle économie d'énergie propre et renouvelable.

Si l'on devait cartographier les plus grandes mobilisations, cela ressemblerait presque à la carte que nous avons publiée en janvier pour les marches des femmes contre l'inauguration du président Trump. C’était à peu près la même carte que celle montrant les résultats des élections.

La marche pour la science a été convenablement fixée pour le 22 avril, date reconnue par les Nations Unies comme la Journée internationale de la Terre nourricière.

L'initiative de l'ONU est venue de l’Amérique latine et, elle a été en fait célébrée cette année dans la plupart des pays d’Amérique du Sud. Les déclarations des présidents de Bolivie et du Venezuela l'ont liée à la culture de la paix et au socialisme. En plus de la Bolivie et du Venezuela, nous avons donné des détails sur les célébrations au Mexique, au Chili, en Colombie, au Honduras, au Nicaragua, au Panama, au Pérou et en Argentine.

Par exemple, au Honduras, des organisations environnementales publiques et privées ont planté des milliers d'arbres dans les zones urbaines et rurales afin de sensibiliser à l'importance de prendre soin de la planète, tandis qu'en Argentine il y avait des ateliers, des activités écologiques et même le premier "festival biologique" de musique dans la ville de Rosario.

En plus des marches scientifiques, il y a eu beaucoup d'autres célébrations d’Earthday aux États-Unis et au Canada. Celles-ci incluaient des foires avec des activités éducatives, des plantations d'arbres et des nettoyages environnementaux communautaires. L'événement d l’Earthday du Dakota du Nord a été organisé par les cavaliers de la "Dakota Exile Healing Ride" qui ont célébré le «Traité du maïs sucré» qui s'est produit en 1870 avec les tribus Chippewa et Sioux. Ils ont appelé à «partager nos responsabilités à l'égard des terres et de l'eau, ainsi que le respect des cultures et des traditions de chacun en partageant comme ont fait les Dakota."

On aurait espéré que Earthday et la Journée internationale de la Terre nourricière soient célébrés à travers le monde, montrant ainsi une conscience croissante pour la culture de la paix, étant donné que le développement durable est l'un de ses huit domaines de programme. En effet, certains affirment que ces célébrations impliquaient "un milliard de personnes" dans "195 pays". Malheureusement, notre enquête sur les activités de cette Journée dans le monde n'a pas confirmé une participation importante en dehors de l'Amérique du Nord et du Sud. Certes, il y a une conscience croissante autour du monde que nous incite à agir pour sauver notre planète, une conscience qui est complémentaire à la conscience anti-guerre que nous avons vue lors de la Journée internationale de la paix de l’ONU. Bien que la conscience soit mondiale, il est peut-être opportun que les plus grandes mobilisations actuelles se déroulent aux États-Unis, car c'est l'empire américain qui constitue la plus grande menace à notre planète.

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Bulletin du CPNN (Culture of Peace News Network) du 1er avril 2017

LES FEMMES BOUGENT

Puisque l'égalité des femmes est un élément essentiel de la culture de la paix, il faut apprécier la grande mobilisation autour de la Journée de la femme, le 8 mars, et la réunion annuelle de la Commission des Nations Unies de la condition de la femme.

À l'occasion de cette Journée, les femmes du monde entier ont organisé des marches dans plus de 50 pays. Le reportage photo repris par CPNN inclut des images de l'Ukraine, du Bangladesh, de l'Australie, du Nigéria, de la Géorgie, de la Palestine, de l'Espagne et des États-Unis. La mobilisation aux États-Unis où des millions de femmes ont participé à une "journée sans femme" a été particulièrement impressionnante. Elle a été organisée par les médias sociaux de la même façon que les manifestations des femmes le 21 janvier, dans lesquelles plus de 2 millions ont protesté contre les politiques du nouveau président Trump. Nous n'avons trouvé aucun moyen pour mesurer combien de femmes qui ont participé le 8 Mars étaient en grève, ou dans quelle mesure leur refus de faire des achats ce jour là a conduit à la baisse des ventes, mais nous fournissons des liens vers de nombreuses descriptions de la journée dans les médias.

Des femmes militantes ont été présentées en mars par diverses ONG internationales. La Coalition pour la Cour pénale internationale a présenté des femmes qui dirigent la lutte pour la justice en Colombie, au Mexique, aux Philippines, au Liban, en Ukraine et au Mali. Amnesty International a présenté huit portraits de femmes qui affirment "Nous n’attendrons pas le respect de nos droits!" Elles venaient d'Afrique du Sud, du Canada, d'El Salvador, de Chine, d'Afghanistan, de Norvège, d'Arabie saoudite et d'Iran. Et Nonviolent Peaceforce (NP) a rendu hommage à Joan Bernstein : "Joan a été le cœur et l'âme des sections américaines et canadiennes de NP depuis de nombreuses années. Elle a aidé à organiser la conférence à la base de la création de NP et plus tard les conférences annuelles de ces filiales nord-américains. Elle nous a donné la vision, l'inspiration, les ressources, les compétences - et la croyance sans fin que nous pouvions relever à n'importe quel défi."

Des femmes militantes du monde entier se sont réunis à la Commission des Nations Unies de la condition de la femme (CSW). Les réunions de cette année ont présenté:

  • Le thème prioritaire: L’autonomisation économique des femmes dans un monde du travail en pleine évolution,
  • Le thème examiné: Difficultés rencontrées et résultats obtenus dans la réalisation des objectifs de développement durable de l'ONU en faveur des femmes et des filles (conclusions concertées de la cinquante-huitième session),
  • La question nouvelle ou tendance: L’autonomisation des femmes autochtones.

Ils ont reçu un rapport du Groupe de haut niveau (HLP) du Secrétaire général de l'ONU sur l'autonomisation économique des femmes qui a identifié les sept principaux moteurs de la transformation:

  1. s'attaquer aux normes défavorables et promouvoir des modèles positifs,
  2. assurer la protection juridique et réformer les lois et règlements discriminatoires,
  3. reconnaître, réduire et redistribuer le travail et les soins non rémunérés,
  4. la construction d'actifs numériques, financiers et immobiliers,
  5. changer la culture et la pratique de l'entreprise,
  6. l'amélioration des pratiques du secteur public en matière d'emploi et d'approvisionnement et
  7. renforcer la visibilité, la voix collective et la représentation.

Beaucoup de ces points ont été abordés dans le discours d'ouverture de la CSW par la Directrice exécutive d'ONU Femmes, Phumzile Mlambo-Ngcuka.

Dans l'un des nombreux événements parallèles de la CSW, l'Institut international d'éducation pour la paix et le Pasos Peace Museum ont invité les femmes à utiliser les importantes résolutions existantes de l'ONU comme outils pour atteindre l'égalité:

Plusieurs orateurs et rapports ont signalé que l'Islande était l’exemple d'un pays où l'égalité des femmes est en train d’être atteinte. Pour célébrer la Journée internationale de la femme, le gouvernement islandais a annoncé qu'il deviendrait le premier pays du monde à exiger des entreprises qu'elles prouvent l’égalite des salaires de leurs employé(e)s, quels que soient leur sexe, leur origine ethnique, leur orientation sexuelle et leur nationalité.

Nous concluons avec les mots de Phumzile Mlambo-Ngcuka, dans son discours à la CSW : "Les développements progressistes nécessaires ne se produisent pas assez vite ... développons l’impatience constructive."

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