Atelier de Validation de l’Étude de Faisabilité sur l’École Panafricaine de la Paix

L’atelier de validation de l’étude de faisabilité sur l’École Panafricaine pour la Paix s’est déroulé les 20 et 21 juin 2016, à notre siège à Yamoussoukro. Placé sous le patronage de l’État ivoirien, il a été organisé par notre institution en partenariat avec l’UNESCO et l’Union Africaine. En plus de es trois entités organisatrices, cet atelier a vu la participation des institutions et structures suivantes:

  • la Présidence de la République,
  • la Primature,
  • le Ministère des Affaires étrangères,
  • le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique,
  • le Ministère de l’Education nationale,
  • le Ministère de la Culture et de la Francophonie,
  • l’Université Félix Houphouët-Boigny,
  • la Chaire UNESCO pour la Culture de la Paix de l’Université FHB,
  • le Département Afrique de l’UNESCO,
  • le Bureau UNESCO d’Abidjan,
  • la Délégation permanente de la Côte d’Ivoire à l’UNESCO,
  • la Représentation de l’Union Africaine en Côte d’Ivoire,
  • l’Académie des Sciences, des Arts, des Cultures Africaines et des Diasporas (ASCAD),
  • le Centre d’Etude, de Recherche et d’Action pour la Paix (CERAP),
  • et le Centre Rotarien pour la Paix.

Les travaux ont enregistré la participation des consultants pour l’étude de faisabilité, d’invités spéciaux, de diplomates et de    hauts fonctionnaires. Les objectifs de ces travaux étaient de:

  • Examiner l’étude de faisabilité de l’École panafricaine de la paix,
  • Présenter les perspectives du projet,
  • Faire des recommandations en vue de la mise en œuvre rapide du projet.

La cérémonie d’ouverture a consisté essentiellement en des allocutions, dont la première fut prononcée par le professeur Jean-Noël Loucou, secrétaire général de la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la Recherche de la Paix. Il a d’abord souhaité la cordiale bienvenue à tous les participants, et a ensuite présenté l’objet de l’atelier. Il ne manqua pas d’exprimer sa gratitude au Président de la République de Côte d’Ivoire et au Premier Ministre pour le soutien sans faille à ce projet. Il a terminé son propos en  saluant et en remerciant tous les participants pour leur dévouement à cette cause.

Quant à Monsieur Matoko Firmin, Directeur du Département Afrique de l’UNESCO, il a remercié au nom de l’UNESCO, les autorités de l’État ivoirien pour leur appui à ce projet et la Fondation FHB pour la qualité de son accueil. Il a souligné que le choix de la fondation pour abriter cette école, répond à l’ambition du Président Félix Houphouët-Boigny de promouvoir la paix à travers celle-ci. Il a pour terminer, rappelé l’engagement de l’UNESCO aux côtés de la Côte d’Ivoire et de la fondation pour l’aboutissement heureux de cette noble idée.

Monsieur Kouassi Yao Charles, représentant le Premier Ministre Daniel Kablan Duncan, a lu l’allocution de ce dernier. Le Premier Ministre a félicité la fondation et son secrétaire général pour tout le travail abattu. Pour finir, Monsieur Kouassi Yao a déclaré ouverts les travaux de l’atelier.

Après les exposés des trois consultants pour l’étude de faisabilité, à savoir: l’Ambassadeur Akinsanya Olusegun, les professeurs Akindes Simon et Lou Bamba Mathieu, l’atelier a fait des recommandations pour la création de la première école panafricaine pour la paix au sein de la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la Recherche de la Paix destinée aux leaders, décideurs et responsables de communautés. Ces recommandations s’articulent autour de trois points principaux:

  1. les objectifs et les contenus des formations et des recherches,
  2. les modalités de mise en œuvre de l’école,
  3. le financement et les partenariats.

Ces dites recommandations, adoptées à l’unanimité  par l’atelier de validation de l’étude de faisabilité de l’École Panafricaine pour la Paix, feront l’objet d’un projet de communication en Conseil des ministres. L’Union Africaine et l’UNESCO seront dûment informées par voie officielle de la décision du Conseil des ministres.

Rapport de Synthèse

Bulletin du CPNN (Culture of Peace News Network) du 1er juin 2016

LA REFORME DE L’ONU

Depuis sa création il y a plus de 70 ans, l'Organisation des Nations Unies a été l'espoir de l'humanité pour "préserver les générations futures du fléau de la guerre." Mais de plus en plus, nous perdons l'espoir qu’elle y parvienne, dans sa forme actuelle. Cela a été particulièrement évident au cours des dernières semaines, lorsque les grandes puissances n’ont pas pris la peine d'envoyer des délégations de haut niveau au Sommet humanitaire de l’ONU, bien que 60 autres pays y aient envoyé leur chef d'Etat. Alors que l'Allemagne était représentée par son chancelière Angela Merkel, les autres grandes puissances étaient essentiellement absentes : Le Canada, la France, l’Italie, le Japon, le Royaume-Uni, les États-Unis, la Russie et la Chine.

Par conséquent, il est pas surprenant qu'il y ait un chœur croissant de demandes de réformes des Nations Unies.

La demande la plus spectaculaire et de grande envergure vient d'Afrique. Ce mois-ci le Parlement panafricain, avec la representation de 54 de ses pays, a demandé à l'Union africaine de soutenir sa demande pour créer un nouvel organe de l’ONU: une Assemblée parlementaire des Nations Unies (APNU). Le Président du Parlement a expliqué que "le temps est venu que 'Nous, les peuples', comme il est écrit au début de la Charte des Nations Unies, doivent avoir plus d'influence dans les affaires mondiales. A cet effet, une APNU doit être établie." Cela pourrait devenir une voix puissante pour la paix. Au lieu de refléter les politiques des États membres avec leur budget militaire et les politiques militaires, l'Assemblée proposée serait composée de représentants des organes directement élus par le peuple et sans responsabilité directe pour les institutions militaires.

Un autre appel à une vaste réforme vient d'un groupe crée avec l'ancien Directeur général de l'UNESCO Fédérico Mayor. Leur déclaration propose un «nouveau système des Nations Unies" avec une Assemblée générale composée de 50% des représentants des États et 50% des représentants de la société civile, en ajoutant au Conseil de sécurité déjà existant, un Conseil de l'environnement et un Conseil socio-économique. Dans tous les cas, il n’y aurait plus de droit de veto, mais un vote pondéré.

De nombreux appels à la réforme estiment que le Conseil de sécurité composé des cinq membres permanents, qui sont les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale et qui détiennent le droit de veto, est dépassé et inefficace face aux problèmes mondiaux d'aujourd'hui.

Il y a des réunions en cours de Négociations intergouvernementales sur la réforme du Conseil de sécurité, mais qui sont compliquéss par les rivalités entre les États membres. Lors de la dernière réunion au début du mois de mai, l'Inde a demandé l’augmentation du nombre de membres permanents en proposant eux-mêmes, le Brésil, le Japon et l'Allemagne, reunissant ainsi les perdants et les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale. Mais tout de suite, il y a eu les objections du Pakistan et de la Corée du Nord, leurs rivaux, ainsi que d'un autre groupe de 13 pays dirigé par l'Italie. Une autre proposition a été présentée par l'Irlande pour une nouvelle organisation du Conseil de sécurité composée de 6 sièges pour une durée de 8 ans; 2 sièges pour le groupe africain et 2 autres pour l’Asie-Pacifique, 1 siège pour WEOG (Europe occidentale et autres) et un autre pour GRULAC (Groupe des pays d'Amérique latine et des Caraïbes).

Lors du récent Sommet humanitaire, la Ligue arabe, qui se compose de 22 Etats membres, dont l'Algérie, l'Égypte, l'Irak, la Jordanie, le Qatar et l'Arabie saoudite, a demandé à ce que soit limité le pouvoir de veto des membres permanents du Conseil de sécurité, faisant écho à une demande similaire par le président turc Erdogan. Cet appel a aussi été compliqué par des rivalités inter-étatiques parce que leurs remarques n’ont été dirigées que contre l'utilisation du droit de veto de la Russie à l'égard de la guerre en Syrie.

Les "Elders," le groupe d'anciens chefs d'état et d’agences internationales qui a été formé il y a plusieurs années autour de Nelson Mandela, a fait une série de recommandations concernant la réforme du Conseil de sécurité. Ils appellent à une nouvelle sorte de membres du Conseil avec une durée plus longue pour contrebalancer les cinq membres permanents, un engagement à limiter l'utilisation de leur droit de veto et une plus grande implication de la société civile.

Une autre proposition des "Elders" est que le Secrétaire général de l’ONU soit plus indépendant. Cette proposition est reprise dans les conclusions du récent Débat de haut niveau thématique des Nations Unies sur la paix et la sécurité, et il est déjà mis en œuvre, dans une certaine mesure, dans de nouvelles procédures pour choisir le prochain Secrétaire général.

Mais, la question reste: Est-ce que ces propositions sont assez radicales pour permettre à l’ONU de "préserver les générations futures du fléau de la guerre?" Selon le coordinateur de CPNN, nous avons besoin d’une réforme plus radicale. Voir son blog pour une proposition.

* * * * *

Si vous ne voyez pas les photos, cliquez ici pour la version internet.
Cliquez ici pour le bulletin en anglais ou ici pour le bulletin en espagnol.

Projet d’École Panafricaine de la Paix : l’État d’Avancement au 01/06/2016

Le projet d’École Panafricaine de la Paix a pour ambition de répondre à trois attentes majeures :

  • L’implication  de la Côte d’Ivoire, par le biais de la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la Recherche de la Paix, dans la recherche, la sauvegarde, le maintien et la promotion de la paix en Afrique et dans le monde.
  • La création, au sein de la Fondation FHB, d’un centre de formation et de recherche de haut niveau sur la Paix.
  • La coopération internationale pour la culture de la paix, en mettant en relation différents partenaires, qu’il s’agisse d’organisations internationales telles que l’Union Africaine, l’UNESCO, d’universités, de centres de recherche.

Cette École  permettrait de renforcer les capacités de décideurs politiques, économiques, culturels, religieux et militaires ; d’acteurs de la société civile, de groupes de personnes ou d’institutions désireuses de se former à la culture de la paix. Dans le cadre du projet, une proportion de femmes au moins égale à celle des hommes est à prévoir. Cela se justifie par le rôle important de la femme au sein de la famille et de la société pour inculquer, notamment aux enfants, les valeurs de la paix et de la citoyenneté.

La présente note d’information fait le point sur l’état d’avancement du projet d’École Panafricaine de la Paix, sous l’égide de l’Union Africaine, de l’UNESCO et du Gouvernement de Côte d’Ivoire.

I - HISTORIQUE DU PROJET

1.1 La recommandation du Réseau des Fondations et Institutions de Recherche

Les 20 et 21 septembre 2013, au siège de l'Union Africaine, 45 fondations et institutions de recherche ont créé, sous l'égide de l'Union Africaine et de l'UNESCO, le Réseau des fondations et institutions de recherche pour la promotion d'une culture de la paix en Afrique. Lors de leur réunion tenue à Yamoussoukro du 21 au 23 septembre 2014, à l'occasion de la célébration des 25 ans de la naissance du concept de culture de la paix, ce Réseau a recommandé à la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, de créer en son sein un Centre panafricain de haut niveau, placé sous l'égide et avec la coopération et le soutien de l'UA et de l'UNESCO.

1.2. La décision de l’Union Africaine

C'est ainsi que l'Union Africaine, lors du 24ème Sommet des Chefs d'États et de Gouvernements, tenu les 20 et 21 janvier 2015 à Addis-Abeba, a adopté, au titre des points proposés par les États membres, la décision n° Assembly/Dec. 558 (XXIV) point G : 22 (ii) qui demande à la Commission de l’Union Africaine d'étudier, avec l'UNESCO et le Gouvernement de Côte d'Ivoire, la possibilité de créer une "École de la paix".

1.3. La résolution du Conseil Exécutif de l’UNESCO

La création d’une "École de la Paix", dénommé « Centre Panafricain de Haut Niveau de Formation et de Recherche pour la Culture de la Paix », point présenté par la Côte d’Ivoire à la 197ème session du Conseil Exécutif de l’UNESCO tenu du 07 au 22 octobre 2015, a été adopté, à l’unanimité des membres du Conseil Exécutif.
Dans la décision, le Conseil Exécutif :

  • prend note de la création du Centre à Yamoussoukro (Côte d’Ivoire) sous l’égide de l’Union Africaine et de l’UNESCO ;
  • demande à la Directrice générale de prendre les mesures appropriées et de mettre en place des mécanismes pour sa mise en œuvre et son suivi ;
  • recommande à la Conférence générale d’adopter la création du Centre à sa 38ème session en novembre 2015 ;
  • recommande à la Conférence générale de déléguer au Conseil Exécutif, l’autorité, les prérogatives pour la création du Centre comme Centre de catégorie 2 de l’UNESCO.

Depuis l’adoption de ces décisions et résolutions, la mise en œuvre effective du projet a été engagée par le Gouvernement de la Côte d’Ivoire.

II - L’ÉTAT D’AVANCEMENT DU PROJET

2.1. La réunion technique tripartite

En exécution de cette décision de création de l’Ecole de la Paix, le Gouvernement ivoirien a organisé les 21 et 22 mai 2015 à Abidjan, une réunion technique tripartite (Côte d'Ivoire-Union Africaine-UNESCO) qui a élaboré :

  1. la note conceptuelle du projet ;
  2. la stratégie et les mécanismes de son financement ;
  3. la feuille de route pour son exécution ;

Un comité de pilotage a été mis en place à l’issue de cette réunion. Il est composé du ministère des Affaires étrangères, du Bureau UNESCO d’Abidjan, de la Commission nationale ivoirienne pour l’UNESCO et de la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la Recherche de la Paix. Il est chargé notamment de désigner un comité scientifique qui comprendrait  un expert de haut niveau par région africaine ; et d’élaborer les termes de référence de l’étude de faisabilité de l’Ecole de la Paix.

2.2. Le financement de l’étude de faisabilité

L’étude sera réalisée par trois consultants (un anglophone et deux francophones) pour une durée de deux mois. Elle nécessite un budget de 35000 dollars (USD) qui sera donné par le Gouvernement de Côte d’Ivoire. Une communication a été introduite en Conseil des ministres le 20 janvier 2016.

2.3. La sélection des consultants

L’UNESCO a procédé à une consultation restreinte qui a permis de sélectionner trois consultants. Ont été retenus :

  • M. Olusegun AKINSANYA, Nigérian, Directeur régional de l’Institut pour les Etudes de Sécurité (Addis-Abeba).
  • M. Simon AKINDES, Béninois, Professeur associé de Droit et Science Politique à l’université de Wisconsin-Parkside (États-Unis).
  • M. Mathieu Lou BAMBA, Professeur de Philosophie à l’Université Félix Houphouët-Boigny, Secrétaire général de la Commission nationale UNESCO (Côte d’Ivoire).

III -  LES DILIGENCES A EXECUTER

3.1. L’atelier de validation de l’étude de faisabilité

Dès que les consultants auront achevé l’étude de faisabilité, un atelier de validation se tiendra en Côte d’Ivoire en juin 2016. Le dossier de faisabilité validé sera remis au Gouvernement ivoirien pour adoption en Conseil des ministres. Puis il sera transmis à la Commission de l’Union Africaine pour validation par le Comité Technique Spécialisé des Ministres de l’Education de l’Union Africaine.

3.2. L’inscription à l’agenda de la Conférence des Chefs d’Etats et de Gouvernements

Le dossier de l’École de la Paix devait être soumis à la Conférence des Chefs d’Etats et de Gouvernements qui se tiendra les 17 et 18 juillet 2016 à Kigali au Rwanda.

3.3. La signature de l’Accord-cadre tripartite

Un  protocole d’accord de siège pour l’Ecole de la Paix sera signé entre l’Union Africaine, l’UNESCO et le gouvernement de la Côte d’Ivoire. Cette signature peut avoir lieu soit à Addis-Abeba, au siège de l'UA, soit en Côte d’Ivoire.